Un même monde qui brûle, une même inaction de l’Etat : solidarité avec les paysan·nes et la jeunesse

Découvrez l’édito politique de la lettre d’information d’automne 2026 du MIRAMAP

L’été  2026 a semé de la souffrance dans les corps et dans de nombreux territoires. Il a largement contribué à relancer la peur de l’avenir : canicules à répétition, récoltes éprouvées ou détruites, paysan·nes au bout du rouleau moralement et physiquement.

Et pourtant, dans les AMAP de toute la France, le modèle a prouvé sa résilience en atténuant l’impact de cet été catastrophique pour les fermes. La solidarité sur laquelle repose notre modèle a montré son efficacité à prendre soin les un·es des autres, à se préoccuper de celles et ceux qui nous nourrissent. Partout, des amapien·nes ont organisé des relais à la ferme, des cagnottes, des distributions de soutien, des temps d’écoute pour les paysan·nes. Cette lettre est largement dédiée à mettre en valeur les actions réalisées partout en France face aux canicules. Ce modèle de résilience, nous le célébrons en ce moment même avec AMAP en Fêtes, partout en France, jusqu’au 12 novembre. Plus d’une centaine d’évènements pour montrer que les AMAP font partie de la solution — et elles le prouvent chaque semaine depuis 25 ans. Pour montrer qu’un autre modèle est non seulement possible, mais déjà là, vivant, joyeux.

Cependant, malgré les résiliences que nous fêtons, l’horloge climatique continue à être menaçante. L’agro-industrie et le monde qu’elle défend reste extrêmement puissante, même sur une terre qui brûle. Nous ne sommes pas les seul·es à souffrir de ce monde en ébullition.

Lorsque des élèves passent leurs épreuves du bac sous 40 degrés ou suivent leurs cours dans des salles de classe glaciales en raison des bâtiments mal isolés, c’est une inadaptation claire au réchauffement climatique.

Lorsque des paysan-e-s sont obligés d’allonger leur journée de travail, que malgré tous leurs efforts des récoltes sont parfois perdues, les corps sont épuisés et le moral aussi, alors que rien n’a été fait pour planter des arbres sur les fermes, revoir la circulation de l’eau, modifier les cultures pour qu’elles s’adaptent à la nouvelle donne météorologique, construire des unité de petite transformation, c’est une inadaptation claire au réchauffement climatique.

Un même monde qui brûle, une même inaction de l’Etat pour isoler les bâtiments publics et pour aller vers une transition agro-écologique. Alors oui, nous voulons ici exprimer notre soutien au mouvement lycéen, et les remercier : leur mobilisation et leurs colères nous insufflent l’espoir qui nous manque parfois. Car ces jeunes qui se battent pour des conditions d’étude qui garantiront leur avenir, ce sont des gens qui croient encore – et malgré tout – à des jours meilleurs et sont prêts à les faire advenir. Et cette conviction-là, elle est aussi la nôtre.

Alors, pensons les alliances. Réfléchissons encore et encore à comment donner de la force au mouvement des AMAP, à comment faire mouvement avec d’autres — la jeunesse, les mouvements de transition socio-écologique, les luttes de défense de l’environnement, la Sécurité sociale de l’alimentation, l’économie sociale et solidaire — pour gagner en pouvoir d’agir. C’est l’une des questions centrales des Rencontres Nationales des AMAP, du 4 au 6 décembre à Sanary-sur-Mer, placées sous un thème qui dit tout : « Une seule santé – sociale, environnementale, animale- un même combat ». Rendez-vous là-bas !

Retour en haut