Florent Sebban, paysan maraîcher et porte parole du MIRAMAP

Ce constat, partagé par de nombreux paysan·nes, dit quelque chose de simple : l’adaptation aux changements climatiques ne se décrète pas, elle se prépare. Et pour cela, il faut des moyens, de la recherche, du temps. Mais force est de constater que l’État a choisi une autre voie, en soutenant un modèle agricole qui aggrave la situation au lieu d’apporter des réponses durables. Ce choix, nous le voyons au quotidien sur les fermes, dans nos vies et nos assiettes.
Pourtant, l’agriculture paysanne que l’on défend en AMAP apporte de multiples solutions. Elles sont fondées sur le vivant, sobres en eau, résilientes. C’est fort de cette conviction que le MIRAMAP s’engage aux côtés des Sinistré·es du Climat dans leur campagne contre l’inaction climatique, intitulée « Comptons-nous pour peser ». À l’occasion de ce lancement, nous vous proposons d’explorer ce que l’agriculture paysanne et les AMAP peuvent réellement apporter face aux crises qui s’annoncent.

Comptons nous pour peser
Inspiré·es par L’Affaire du Siècle, des citoyen·nes sinistré·es lancent une action en justice inédite contre l’État, accompagné·es par Greenpeace France, Oxfam France et Notre Affaire à Tous, pour exiger une meilleure protection : une première dans l’Union européenne !
Inondations, sécheresses, vagues de chaleur ou encore de cyclones dévastateurs font rage et pourtant l’État peine encore à agir. Il ne fournit pas une protection adéquate face aux événements climatiques extrêmes qui vont être de plus en plus nombreux et intenses. Afin de lutter contre l’invisibilisation des personnes touchées par le changement climatique dans le débat public, l’Affaire du Siècle vous propose de rejoindre leur nouvelle campagne : ça prend 10 secondes de témoigner sur le site secompterpourpeser.org/questionnaire, et ça peut vraiment faire la différence !
Les paysan-nes en première ligne des conséquences de l’inaction climatique
Aléas climatiques, canicules, sécheresses, inondations, gels tardifs, espèces invasives… Les conséquences du dérèglement climatique sont nombreuses, et parfois dramatiques pour celles et ceux qui travaillent avec la terre. Elles pèsent lourdement sur la santé physique et mentale : inquiétudes économiques, stress intense, voire burn-out quand les récoltes — et avec elles les revenus et des centaines d’heures de travail — partent en fumée ou se dessèchent sous la chaleur.
« Depuis 2017, j’ai connu 6 années avec pertes dont une à 100% de pertes, soit 250 000 € de chiffre d’affaires perdu […] » Le moral était au plus bas » témoigne Grégoire, arboriculteur dans les Hautes-Alpes, victime successivement de sécheresses, canicules et gelées noires violentes.
« En automne et hiver 2021-2022, j’ai subi des inondations puis la tempête Eunice particulièrement intense. Résultats ? 300 m2 de serre détruites, des légumes écrasés et plus de 26 000€ de pertes. L’année d’après c’était au tour de la sécheresse de faire rage… » témoigne Justine maraîchère dans le Pas-de-Calais
Pourtant, nous, défenseur·euses et paysan·nes adeptes de l’agriculture paysanne et biologique, nous sommes une des solutions
Le problème ? Les changements climatiques sont un problème inédit dans l’histoire de l’humanité, causés en majeure partie à la combustion massive d’énergies fossiles comme le pétrole ou le charbon. Pour préserver les conditions de vies – notamment humaines – sur terre, nous devons réinventer de nouvelles manières de vivre, manger, se déplacer et globalement faire société en entamant une vaste transition écologique.

L’agriculture paysanne et notamment le modèle AMAP ont une partie de la réponse ! Les AMAP sont des acteurs majeurs de la transition écologique en soutenant une agriculture locale, saine, sans engrais ni pesticides de synthèse et soutenue par les habitant·es. L’agriculture paysanne et biologique est un mode d’agriculture qui préserve les sols, les ressources en eau, la biodiversité, la santé animale et humaine, est moins gourmande en énergie et rejette moins de CO2.
Le problème ? Les changements climatiques ont déjà de nombreux impacts sur les cultures comme l’augmentation de l’intensité et de la fréquence des sécheresses, canicules, tempêtes ou encore inondations. En plus de les freiner, nous devons dès aujourd’hui apprendre à nous adapter.

L’agriculture paysanne et notamment le modèle AMAP ont une partie de la réponse ! Les AMAP et l’Agriculture paysanne sont résilientes face aux changements climatiques et les mangeur·ses partagent les risques et les aléas avec les paysan·nes. L’entraide et la proximité permettent d’investir dans des infrastructures qui rendent la ferme plus viable et résiliente. Les fermes en AMAP sont des lieux d’expérimentation de techniques d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques : diversification des cultures, infrastructures agro-écologiques, autonomie etc .

« Pour résister aux changements climatiques, nos fermes ont besoin de soutien pour engager une transition vers des modèles plus résilients. Construire des laboratoires de transformation avec le financement des amapien·nes, implanter des haies ou des mares au travers des chantier participatifs, ou encore faire évoluer le planning des cultures et les variétés semées grâce à un soutien des mangeur·euses qui acceptent d’adapter leur régime alimentaire à ces changements climatiques. Bref le défi est énorme mais l’union entre la production et la consommation nous aidera à le surmonter. »
Florent Sebban, paysan maraîcher et porte parole du MIRAMAP

Retrouvez ces messages et plusieurs idées d’animations pour parler de ce sujet autour de vous, avec vos AMAP ou encore lors d’évènements publics comme AMAP en fêtes.
Ce que le Mouvement des AMAP peut faire pour vous, paysan·nes
MIRAMAP

En étant partenaire dans les Sinistrés du Climat et grâce au travail de nos portes paroles et de l’équipe, nous portons haut et fort les intérêts de l’agriculture paysanne et des paysannes dans les institutions et dans les médias. Nous réalisons également un travail de sensibilisation des mangeuses et mangeurs grâce à la force de notre réseau et leurs relais sur tout le territoire.
Selon les principes de l’éducation populaire, nous organisons avec les réseaux régionaux des échanges entre paysan·nes en AMAP sur des sujets divers. Le sujet de l’adaptation aux changements climatiques revient souvent et nous le repartageons dans les réseaux sous forme d’articles.

En soutenant les réseaux, la mutualisation entre eux et la consolidation de ceux-ci, le MIRAMAP aide à renforcer l’agriculture paysanne et sa place dans l’écosystème agricole.
Votre réseau régional d’AMAP
Vos réseaux régionaux représentent des alliés incontournables pour l’adaptation et de nombreuses actions sont mises en places via eux. Par exemple, grâce à un partenariat entre les AMAP de Provence et Les Bios de Provence, plusieurs actions concrètes ont vu le jour pour allier agriculture durable et préservation des ressources naturelles.
🌿 Côté biodiversité
9 fermes ont bénéficié d’un accompagnement sur le long terme. Au programme : inventaire des populations d’oiseaux et de chauves-souris, puis mise en place de solutions adaptées – comme la plantation de haies ou la création de points d’eau – pour favoriser le retour de ces espèces essentielles à l’équilibre des écosystèmes. L’objectif ? Travailler avec la nature, pas contre elle.
💧 Côté gestion de l’eau
9 autres fermes ont également été soutenues pour optimiser leurs pratiques d’irrigation. L’enjeu : réduire leur consommation d’eau tout en maintenant la qualité et la productivité de leurs cultures.
Contactez les personnes ressources de vos réseaux : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Haute-Normandie, Hauts-de-France, Île-de-France, Isère, PACA, ailleurs en France.



