Face à l’inaction climatique, comptons-nous pour peser 

Ce texte de Florent Sebban, paysan maraîcher et porte parole du MIRAMAP, est tiré de notre lettre d’information d’été, qui en pleine canicule a tenté de politiser celle-ci.

En pleine canicule, nous avons subi des pertes très importantes sur certaines cultures : choux, ail, tomates. Certaines de ces pertes auraient été évitables si nous avions été mieux préparé·es à ces élévations de température, pourtant prévisibles : scientifiques et société civile sonnent l’alarme depuis des décennies.

L’État aurait pu nous aider à résister en soutenant massivement une recherche participative pour trouver des solutions : adaptation des calendriers de culture, mise en place de solutions de biodiversité fonctionnelle et de paillage, révision de l’hydrologie de nos parcelles, financement de la transition vers des systèmes agroforestiers, et bien d’autres leviers. Mais il ne l’a pas fait. Et ce n’est pas un oubli.

Il préfère protéger — au prix de notre santé — un modèle agricole archaïque sur une planète qui boue en partie à cause de lui ; un modèle qui aggrave le stress hydrique et détruit la biodiversité. Sa priorité ? Adopter la loi d’urgence agricole, qui, avec ses mégabassines, ses pesticides et sa facilitation pour l’élevage industriel, est loin de rimer avec adaptation. Avec cette réponse l’État piétine les 2 millions de signataires de la pétition Duplomb de l’an dernier.

Ce mépris choque à tous les niveaux. Dans le milieu agricole, chez les mangeuses et les mangeurs, mais aussi au cœur du gouvernement, où nous comprenons qu’il y a de vives tensions : d’un côté, les utopistes qui croient encore en un modèle agro-exportateur dopé aux pesticides et au gaspillage des ressources en eau ; de l’autre, les réalistes qui veulent un modèle et des solutions basées sur la nature, économe en eau, régénérant les sols et la biodiversité, tout en nourrissant toute la population avec des aliments sains.

Nous méritons mieux. Nous devons refuser de payer de notre santé le maintien sous perfusion d’un système agro-industriel mortifère, qui profite à quelques-uns au détriment de conditions de vie habitables pour tou·tes. La transition écologique de l’agriculture ne peut plus attendre.

C’est impulsé·e par cette conviction que le MIRAMAP milite aux côtés des Sinistré·es du Climat, qui lancent une campagne contre l’inaction climatique de l’État : « Comptons-nous pour peser ». À l’occasion de ce lancement, nous publions une page spéciale sur l’adaptation aux changements climatiques et l’agriculture paysanne en AMAP.

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