Se faire entendre face à l’absence de démocratie en agriculture 

Découvrez l’édito politique de la lettre d’informations du printemps 2026.

Il est naïf de penser que l’abattage total des animaux d’une ferme dont certains sont atteints par la Dermatose Nodulaire Contagieuse est la bonne solution. Naïf aussi de penser que la vaccination va sauver l’élevage en général. Les maladies animales se multiplient et font des ravages dans les fermes pour toutes les espèces. Les dérèglements climatiques sont en grande partie responsable de l’expansion des maladies vectorielles, il y a beaucoup d’autres causes.

L’abattage est une gestion à court terme qui ne cherche ni à comprendre les origines de la multiplication des maladies, ni à lutter contre les causes, ni à assurer une meilleure résilience des élevages. C’est le système agro-industriel productiviste lui-même qui est devenu une source d’épizooties et de zoonoses dangereuses pour la santé humaine, animale et environnementale. Les lois de biosécurité s’appliquent avec une grande brutalité essentiellement pour protéger les élevages intensifs et leur réputation à l’exportation. Ruiner au passage des élevages paysans, porter atteinte à la santé psycho-sociale des éleveurs et éleveuses, n’envisager aucune autre solution est insupportable pour nous.

La colère et le désespoir des éleveurs et éleveuses ont été encore une fois détournés par le « syndicat majoritaire » et les médias mainstream vers des propositions de loi limitant les normes écologiques pour permettre à l’agro-industrie de se développer encore et encore … en faisant disparaitre tout engagement public vers une agro-écologie et l’existence de fermes plus autonomes.

Il en est de même avec la Loi Duplomb qui vise à la ré-autorisation de pesticides interdits, de méga-élevages industriels et de méga-bassines pour privatiser l’eau. Une pétition est signée par 2 100 000 personnes en début d’été 2025, le Conseil Constitutionnel supprime quelques mesures et le même sénateur ré-introduit à l’Assemblée Nationale cet hiver une Loi Duplomb 2, pire que la précédente.

Le problème est profondément démocratique : qui gère les politiques agricoles? Qui les verrouille à ce point?

Nous sommes persuadés que c’est l’organisation de la gouvernance de la profession qui est le problème : c’est sous l’emprise autoritaire exhorbitante de la FNSEA et de ses branches économiques que se définissent les politiques agricoles. Rarement il n’aura été aussi clair que la forteresse FNSEA-JA tient les rênes de son ministère de tutelle, et que la « bourgeoisie  agricole » avide qu’elle défend ne reculera devant aucune destruction pour maintenir son accaparement des leviers du pouvoir. La co-gestion historique avec la FNSEA explique seule l’entêtement du gouvernement et la brutalité des mesures prises par le ministère de l’agriculture.

Nous, les AMAP et tous nos alliés, nous voulons une démocratie agricole et alimentaire: nous produisons, nous mangeons, nous voulons décider. Dans le contexte actuel il est important de se faire entendre, de militer dans nos AMAP et nos fermes dans la joie d’être ensemble pour une cause juste et d’intérêt général, de soutenir les luttes paysannes, de défendre des territoires où il fait bon vivre.

Signez la pétition contre la Loi Duplomb 2

– Evelyne, Florent, Mireille, François

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