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« Non à l’abattage des cheptels sains »/ Caisse de solidarité

Adaptation des normes de biosécurité ? Abattage de cheptels sains sur des fermes ? Mobilisation/revendication ? Retours sur les actions menées par des AMAP au Pays-Basque et en PACA avec leurs partenaires. Une organisation de la société civile est possible !

Depuis plusieurs mois, en écho de mobilisations syndicales qui demandent aujourd’hui un arbitrage ministériel (lire les positions de la Confédération Paysanne), l’interAMAP Basque avec ses partenaires et en Provence, des AMAP dans le Collectif Sauve qui Poule se sont engagés dans une lutte contre l’abattage de cheptels de poules ou canards sains suite aux mesures de biosécurité mises en place pour lutter contre l’émergence d’une nouvelle épidémie d’influenza aviaire hautement pathogène. Au Pays-Basque, après plusieurs semaines de négociation et de confrontation, les élevages de poules et canards sains de Gabat, Domezain et Barcus seront finalement soumis à une surveillance sanitaire rapprochée, écartant définitivement le risque d’abattage préventif. Le bon sens l’a finalement emporté.

L’interAMAP Basque poursuit son soutien et relai l’appel à solidarité pour une caisse de soutien. Comme elle le signale, abattre aurait donné droit à une indemnisation de la part de l’État (estimation pour la ferme de Domezain : 26 000 €), mais garder le cheptel en vie impose de prouver qu’il reste sain par le biais d’analyses sanitaires régulières qui, elles, ne sont pas prises en charge par l’État (estimation pour la ferme de Domezain : 5 400 €).

Pour mieux comprendre les mesures de biosécurité, leurs impacts sur de petites fermes et comment agir collectivement devient possible, nous vous invitons à lire l’ensemble des articles publiés jour après jour sur les actions menées par l’InterAMAP Basque avec ses partenaires tels que le syndicat ELB : http://www.inter-amap-pays-basque.org

D’ici le 1er juillet 2018, toutes les exploitations avicoles françaises devront appliquer les normes du décret NOR : AGRG1603907A du 08/02/2016. A ce jour, un certain nombre d’éleveurs renoncent et préfèrent arrêter leur activité devant le poids de ces mesures qui imposent une réglementation pour les industriels à tous, devenant alors des outils de destruction des élevages fermiers et de plein air.
Comme le démontrent les Basques ou le Collectif Sauve qui poule, il y a plusieurs batailles :
- celle de l’information auprès des paysans et du grand public pour apporter une autre voix que celles des syndicats majoritaires,
- permettant alors de s’organiser collectivement pour défendre des petits élevages et plus largement soutenir une agriculture et une alimentation de qualité face aux dérives des modèles industriels
- et celle de demander haut et fort aux pouvoirs publics que ces normes de « biosécurité » soient adaptées au niveau de risque des exploitations.

Nous vous invitons à diffuser cette information dans les AMAP car il est central que ce sujet soit discuté un peu partout. En plus de soutenir l’action basque, une nouvelle pétition circule et il y a sans doute d’autres actions collectives à mener…

par Magali Jacques, 07 06 2017

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