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Enjeux de la mission de capitalisation sur la question paysanne portée par le Miramap

C’est à l’occasion de la rencontre du Collectif du Miramap à Chavanay, du 7 au 9 décembre, que fut organisé un atelier d’échange sur la situation des paysan·nes en AMAP afin de nourrir la mission sur la question paysanne portée par le Miramap. Quelles interrogations, quelles grandes lignes en sont-elles ressorties ?

L’atelier d’échange du 8 décembre 2018 sur la situation des paysan·nes en AMAP marquait la fin d’une première phase de travail dans la préparation de la mission de stage de Jonathan Thunin portée par le Miramap. Débutée en octobre 2018, elle se terminera en septembre 2019. Celle-ci vise à appréhender la situation des paysan·nes en AMAP en France (qui sont-ils, pourquoi sont-ils en AMAP, quelles difficultés rencontrent-ils, quels besoins ont-ils, comment s’impliquent-ils dans le mouvement ?) avec pour but de renforcer les actions collectives pour et par les paysans en AMAP.

Lors de cet atelier réunissant les membres actifs du Miramap, trois questions furent posées :
1. Comment vont les paysan•nes par chez vous ?
2. Qu’est-ce qui vous semble utile à connaître par rapport à la situation des paysan·nes en AMAP ?
3. Quelles initiatives, quelles pratiques aimeriez-vous partager, voir se disséminer ?

Pour aller à l’essentiel, une première impression se dégage que « ça ne va pas si bien ». Sans préjuger pour l’instant de tendances avérées : aléas climatique, faiblesse des revenus, baisse des paniers pour certains éleveurs, fragilité de certains arboriculteurs – bien qu’une hypothèse est formulée que « ça va mieux quand on est en AMAP », en tout cas lorsque jouent les leviers de la solidarité, la raison d’être même des AMAP. En miroir de cette hypothèse, et compte-tenu de la diversification des paniers, une question : le système des AMAP répond-il également aux besoins de tous les types de fermes ? Aussi s’exprime en arrière-plan une interrogation sur les conditions de travail des paysan·nes  : nombre d’heures effectivement travaillées, fixation des prix par rapport au coût de revient,capacité à partir en congé… Avec le constat que les paysans sont aussi souvent des paysannes, et donc que les réponses que nous cherchons sont transversales, dépassant largement la seule prise en compte des types de production. Les attentes sociétales évoluent : en matière d’alimentation, par rapport à la place des femmes, par rapport aux équilibres entre vie privée et vie professionnelle– et le portrait-type du paysan aussi. Mieux soutenir les paysan·nes à l’installation, mieux accompagner celles et ceux d’aujourd’hui et de demain – tel est l’enjeu.

Enfin s’est tenue aussi une discussion avec trois paysans présents ce week-end, d’où il ressort la nécessité de tenir compte de la diversité des situations et de la diversité des formes d’implication des paysan·nes dans les territoires. Ils observent un manque de mobilisation de leurs collègues à l’échelle des Réseaux. Mais dans quelle mesure ? Pour quelles raisons ? Et pourquoi les paysan·nes devraient-ils ou elles s’engager davantage ? Un instant, la réponse paraît évidente : pas de mobilisation sans réponse à leurs besoins bien identifiés. Mais pas de besoins identifiés des paysan·nes s’il n’y a pas de mobilisation de leur part ! Bref, comment mieux outiller le mouvement dans ses actions pour et par les paysan·nes ? Voilà une question à laquelle la mission portée par le Miramap tentera de répondre.

Pour en savoir plus et participer : rendez-vous aux Rencontres nationales des AMAP en mars afin de partager un premier regard sur ces questions.

Jonathan Thunin
jonathan[a]miramap.org (remplacer [a] par @)
06 44 91 16 11

Photos de la visite de la ferme de Florent Michel, maraicher en AMAP à Condrieu (69), le 8 décembre 2018