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Les paysan.nes en AMAP prennent la parole

Des paysannes et paysans en AMAP prennent la parole, ils écrivent des livres et font des films. Ils racontent d’où ils viennent, leur parcours d’installation en agro-écologie et ce qu’ils vivent depuis : les horaires, la gestion de la pénibilité et la « construction d’un autre rapport au vivant », la préservation « de sa terre et sa propre santé », la vie personnelle et les relations au territoire, leurs coups durs et leurs purs moments de bonheurs.

Des bonheurs simples, comme aller couvrir ses laitues par une nuit froide de pleine lune « Je me sens comme en plein désert, hors du temps. La lune est sur mes épaules et la rosée se presse sur mes jambes. Je me sens vivant, intensément là », ou s’enivrer de ses premières récoltes « Je me sens comme une gamine quand je vois mes courges qui poussent, mes premiers fruits et que je ramasse mes premières courgettes ».

Ils ont choisi d’être en AMAP dès le début, ils parlent des relations fidèles et empathiques qu’ils y trouvent, du soutien moral et de l’entraide concrète, de la sécurité financière du pré-paiement, des plaisirs de la vente directe et de la convivialité, de l’éducation populaire et du goût de transmettre « la fragile relation entre le paysan et sa terre ».

Les paysannes en particulier décrivent les défis spécifiques à relever en tant que femmes lors d’une installation. Au-delà d’être bien entourées et formées, elles conseillent de faire, si possible, un projet à plusieurs, de « réfléchir avec plus de distance aux questions sociales et politiques, à la co-construction amapien/paysan ».

Et surtout, tous et toutes donnent un sens politique à leur travail, à leurs livres et leurs films : l’agro-écologie paysanne en AMAP permet d’être autonome face au productivisme, de relocaliser l’emploi, de cultiver des aliments de haute qualité, d’aider les nouveaux paysans, de « manger autrement pour sauver la planète », de dépenser moins en évitant d’aller au supermarché. « Il n’y a rien de mieux pour manger et pour aider les jeunes à s’installer » disent les paysan.nes interviewé.es par Les AMAP de Provence.

Des documentaires sur l’installation et le quotidien de paysan.nes

« Paysannes et paysans en AMAP : réalités du métier »
Un documentaire des AMAP de Provence

Quatre paysannes et paysans racontent leur parcours et expliquent pourquoi ils ont choisis d’être en AMAP. Ils délivrent aussi un message pour les jeunes qui veulent s’installer et pour les "consommateurs" qui s’engagent avec eux dans une démarche responsable sur les plans écologique et économique.

« Vive le verger »
Un film de Pierre Dancoisne réalisé par les Veilleurs Sauvages

Pierre nous raconte son parcours d’arboriculteur naturaliste et le soutien des AMAP. Il nous emmène visiter ses 20 ha de verger dans la Somme. Sous nos yeux pendant 22 minutes, la vie sauvage en accord avec les activités humaines : des arbres fruitiers et des cabrioles de lapins, des renards et des insectes dans leur "zones de tous les droits", une mare et ses habitants vus d’un observatoire en rondins, des nichoirs pour les hulottes et les pipistrelles, car « il faut bien accueillir les prédateurs pour équilibrer la biodiversité du verger ». Des images et un montage magnifiques à visionner ici.

« Devenir paysanne en AMAP - S’installer en agriculture : la place des femmes »
Un documentaire de Valérie Rosenwald de Bobines & Ricochets et du Réseau d’AMAP d’Ile-de-France

S’installer en tant que femmes paysannes, quel parcours et quels défis ? Plusieurs femmes paysannes d’Ile-de-France racontent leur parcours d’installation.

Deux livres à dévorer avec avidité

« La figure du paysan - La ferme, l’AMAP et la politique » de Romuald Botte et Bruno Villalba aux éditions Le bord de l’eau

Le livre retrace la vie de paysan de Romuald : de sa motivation ancrée dans l’enfance à ses activités multiples de maraîcher/éleveur/formateur dans le Nord depuis 2007. Être paysan, plus qu’un métier, c’est un projet personnel et politique par les choix faits tous les jours dans une ferme. Et être paysan en AMAP c’est débattre de revenu, de prix de panier, de pénibilité du travail. C’est avoir une relation va bien au-delà du lien commercial qui nécessite dialogue et transparence. A lire dans toutes les chaumières amapiennes !

« La lune, les laitues et moi - Anachroniques d’un maraîcher » de Clément Lechartier, édité par La buse du Tôt

Un recueil de 46 petits textes humoristiques, poétiques, tendres et sages écrits pour le journal de son AMAP par Clément, maraîcher normand depuis 2009. « Pour marcher droit, accroche ta charrue à une étoile » dit un proverbe chinois. Et dès lors les panais, les endives et les patates mais aussi la pluie et la boue deviennent des vrais sujets. Une vie de paysan en AMAP en installation perpétuelle et qui aime écrire. Ce dialogue avec les amapien.nes est devenu un livre à consommer sans modération.


D’autres témoignages de paysans et paysannes en AMAP sont à retrouver ici.

Evelyne Boulongne
26.11.2021

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