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Participation à la conférence « agriculture locale et circuits courts alimentaires » à la Commission européenne – 20 avril 2012 à Bruxelles

Le 20 avril, la DG agri et la DG santé de la commission européenne organisaient conjointement une conférence intitulée « agriculture locale et circuits courts alimentaires ».

Initiées par les commissaires européens Dacian Cioloş, en charge de l’agriculture et du développement rural et John Dalli, en charge de la santé et de la consommation, cette conférence s’inscrivait dans le cadre du processus de réforme de la PAC pour l’après-2013 et visait à identifier les opportunités pour « mobiliser le potentiel économique, social et environnemental de l’agriculture locale, de la ventes directe et des petites fermes ».

Il s’agissait donc de contribuer aux réflexions de la commission européenne sur le rôle, la place et le soutien spécifique nécessaire et/ou possible à l’agriculture locale et aux petites fermes, sur la base des propositions de réforme de la PAC pour l’après 2013 adoptées par la Commission le 12 Octobre 2011.

Trois questions étaient plus particulièrement abordées :

1. L’opportunité et les conditions de mise en œuvre des nouvelles mesures proposées par la PAC (piliers 1 et 2) pour le soutien à l’agriculture locale ;
2. Les opportunités offertes à l’agriculture locale par le développement de systèmes alimentaires locaux, de circuits courts (y compris les ventes directes) et la sensibilisation des consommateurs ;
3. La nécessité d’adapter ou de mieux utiliser les dispositions existantes de la législation communautaire (notamment le « paquet hygiène ») au bénéfice des petits producteurs

Cette conférence était ouverte aux représentants des services de la commission européenne, du conseil européen, du parlement européen, des organisations représentatives des collectivités locales et des territoires de projets (comité des Régions, représentants des Parcs naturels régionaux français, etc.), des chambres consulaires (Chambres d’agriculture…) et corps intermédiaires tels que les ONG (ARC2020…), syndicats (ECVC, COPA-COGECA…), les représentants des PME/PMI, des artisans… ainsi que les entreprises et les média. Elle a rassemblé près de 400 personnes.

Le MIRAMAP et URGENCI ont été sollicités pour intervenir lors de l’atelier 2.

Vous pouvez retrouver le programme et les interventions

Ainsi que les vidéos des plénières, ateliers et débats 

(visibles pendant un an)

Nous retenons de cette conférence :

* la volonté affichée des commissaires de prendre en compte la spécificité des petites fermes. Cependant si le commissaire Ciolos nous paraît crédible dans les efforts qu’il fait en direction des petites fermes, nous sommes moins confiants dans la sincérité de John Dalli, qui nous semble inféodé au président Barroso, dont l’allégeance trouble à l’OMC, aux volontés politiques et économiques des USA et aux milieux d’affaires ne fait aucun doute. C’est John Dalli qui est monté au créneau pour autoriser les cultures OGM en Europe ... tout en déclarant vouloir laisser ensuite le libre choix aux pays membres d’appliquer ou non cette décision. C’est lui qui avait autorisé en Mars 2010, la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora de BASF et ce, contre l’avis de la plupart des gouvernements et des citoyens européens. Barroso veut faire passer en force le dossier OGM et c’est Dalli qui est à la manoeuvre. Nous ne croyons pas qu’il soit possible de faciliter l’implantation des OGM en culture de plein champ et de soutenir les petites fermes en même temps.

* la diversité des intervenants, faisant une large place aux représentants de courants « non-dominants », ainsi celle de Carlo Petrini, initiateur du mouvement Slow Food ou Reinold Messner

Mais aussi,

* la force des lobbys : en témoigne le changement de dénomination de la conférence, d’abord explicitement axée sur le rôle des petites fermes pour peu à peu céder la place à l’agriculture locale et aux circuits
courts ;

* la nécessité de continuer de dire et redire que toute politique favorable aux circuits courts doit être conditionnée à des pratiques agricoles socialement et écologiquement soutenables ;

* l’inadéquation des propositions avancées, en particulier celle d’un logo « circuit court européen » qui dé-territorialise les initiatives

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